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Paroisse Saint Alexandre de l'Ouest Lyonnais
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PRÊTRES, SORTIR DU MODÈLE UNIQUE.

Comment être prêtre aujourd'hui ? Comment vivre ce ministère au plus près de la vie des femmes et des hommes de ce temps ?

Quelle conception du ministère ?

 

Dans les débuts du XXe siècle, les ministères étaient divers mais se sont progressivement focalisés sur le sacerdoce - et encore sur un seul aspect, le sacerdotal précisément (c.-à-d. le vieux fond sacré, le sacrificiel), au détriment du presbytéral (c.-à-d.  ce qui appartient à l’annonce de l’Évangile, à la mission). Les tenants d’une telle ligne le font au nom d’un retour à la Tradition, qui est en fait celle du XIXe siècle,  très loin des débats du Concile de Trente (XVIe s.) qui sert de référence pour les traditionnalistes.

 

Il en résulte deux risques de dérives :

 

Tout d’abord, serait-ce parce que le nombre de prêtres diminue qu’il faut en exalter la condition ? Isoler le clergé du sort commun afin de mieux le promouvoir ? On exalte ainsi une figure en la rendant difficile  à rejoindre avec comme contrepartie deux écueils :

-plus de dévotion et de morale que de pastorale et de mission dans le ministère ;

-une vulnérabilité en cas de fragilité - très mal jugée par l’opinion publique tellement l’image du prêtre a été idéalisée (les cas de pédophilie qui discréditent le clergé tout entier).

 

Ensuite, une autre question essentielle est souvent éludée, celle du pouvoir :

 

La sacralisation du prêtre peut produire un amalgame de puissance intouchable et de silence révérencieux, ouvrant possiblement à toutes sortes d’abus dans un monde où il est de plus en plus délicat d’imposer des décisions sans concertation surtout pour ce qui touche aux convictions.

 

Qu’en est-il du monde actuel par rapport à la conception du ministère sacerdotal ?

 

Les professions de services humains et de proximité (travailleurs sociaux, enseignants, fonctionnaires en contact avec le public, professionnels de santé…) sont frappés de discrédit en même temps que, paradoxalement, on en demande en plus grand nombre. Les ministères sacramentels sont pris dans la même ambiguïté.

 

L’éloignement des prises de décision, les conseils seulement consultatifs dont les avis dépendent de la seule attention que le responsable décisionnaire leur accorde, deviennent de plus en plus étrangers aux mentalités actuelles.

Il fut un temps assez long où prêtres et évêques étaient élus par leurs fidèles. Affirmer que l’Eglise n’est pas une démocratie, c’est se tromper de plan. Si c’est canoniquement vrai - la source de vie est l’Esprit Saint - cela n’induit nullement une méfiance envers une participation aux décisions, et ne conduit pas à l’exaltation du chef. Le  risque, c’est l’abstention ou la fuite des militants, donc un affaiblissement  de l’Église. 

J’ai lu récemment dans La Croix, à l’occasion du voyage du Pape à Lund pour la rencontre avec la Fédération Luthérienne Mondiale, que le principal obstacle au rapprochement avec les Églises Réformées historiques n’était pas théologique mais ecclésiologique, ce que le quotidien appelait (malheureusement sans le développer)  la sacramentalité de l’Église. A force de sacraliser l’Institution, on finit par relativiser le message qu’elle devrait porter. (le Protestantisme est une religion sans excès de religion, selon James Woody, pasteur français).

 

Conclusion.

 

Vatican II commence par établir le Peuple de Dieu dans sa Constitution Dogmatique sur l’Eglise, et n’aborde qu’ensuite les ministères. Le Concile a perçu le poids d’un système ecclésiastique séculaire sur la vie des prêtres mais ne l’a pas modifié. Il semble bien que dans les Évangiles Jésus ait procédé autrement ; il expose comment ses disciples doivent se comporter lorsqu’il les envoie en mission. Il insiste sur la manière de faire et n’a aucun mot sur les rites à accomplir. Paul opère de la même façon : il dit ce qu’il fait et son comportement traduit l’idée qu’il se construit de sa mission. Dans un monde sécularisé ne faut-il pas rééquilibrer des différentes fonctions du sacerdoce ?

 

 

                                             Jean Bauzac