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Paroisse Saint Alexandre de l'Ouest Lyonnais
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L'église Saint Jean Baptiste de POLLIONNAY

histoire et patrimoine

On entre dans l'église après avoir côtoyé le beau tilleul planté en 1794. Après avoir traversé la nef avec ses voûtes croisées en arêtes (parmi les statues on reconnaît une copie de la Vierge de Lourdes de Fabisch) on arrive au chœur puis à l'abside aux curieuses voûtes dites «  en parapluie ». Ces éléments d'architecture ont été dessinés par Bossan, le père de l'architecte de la Basilique de Fourvière.

On remarque à divers emplacements 4 vitraux du célèbre maitre-verrier Lucien Bégule dont un magnifique martyre de St André.

Dans la cure a été déposé un retable remarquable en bois polychrome daté de 1601 provenant de la chapelle de Lorette (mitoyenne du cimetière) où sont représentés notamment St Jean Baptiste et St Jean l'Evangéliste)

Le chœur est garni de stalles en chêne à parcloses et miséricordes chantournés, du 18 è siècle. Celles-ci ont été achetées en 1829 à la « fabrique « de l'église St Nizier à Lyon.

Derrière les stalles ont été installés des panneaux en chêne ornés de losanges en relief séparés par des pilastres toscans. Cet ensemble a été fabriqué par un menuisier de Pollionnay nommé Ratton.

Dans la sacristie se trouve une crédence, meuble buffet en chêne et merisier adossé au mur, constitué de 2 corps avec tiroirs et portes. Ce meuble acheté en 1899 provient de la chapelle de Fourvière et sert à ranger des objets du culte, (objets précieux, nappes, chasubles)

 

Plusieurs vitraux de l'église Saint Jean Baptiste de Pollionnay ont été réalisés par Lucien Bégule .

Qui était Lucien Bégule  ?

C'était un maître verrier né à Saint Genis Laval en 1848 et mort à Lyon en1935. Il étudia au collège jésuite de Mongré, puis devint photographe et ami des frères Lumière.

Après avoir travaillé avec Bossan, l'architecte de la basilique de Fourvière, il ouvrit un atelier de peinture sur verre à Lyon. Obsédé par les verrières du 12 ème au 16 ème siècle de la Cathédrale de Chartres, il décida de se consacrer à l'art du vitrail. Les couleurs de ses vitraux sont éclatantes et unifiées.

 

Les vitraux de notre église .

Abside.

Côté gauche

L'Eucharistie   : lancette en plein cintre datée de 1851 et achetée par la Fabrique. Grisaille décorative peinte avec au centre un médaillon représentant l'Eucharistie. Une inscription est visible dans la couronne du médaillon : «  CAO MEA VERE EST CIBUS/ SANGVIS MEVS VERE EST POTUS  ». ( En vérité ma chair est la nourriture, en vérité, mon sang est le breuvage).

L'Eucharistie est le seul sacrement accompli par Jésus lui-même. Elle a été instituée lors de la Cène, dernier repas du Seigneur. Jésus nous fait don de son corps, de son sang, de son âme, de sa divinité. C'est le cœur de la vie chrétienne : elle rassemble la Communauté pour le partage du pain et du vin. Son sens exige une Foi et un Amour profonds car ils dépassent toute capacité humaine de compréhension.

Décollation de Saint Jean Baptiste  : vitrail de 1899 daté et signé par Lucien Bégule et acheté par la Fabrique. Cette œuvre, véritable tableau, insiste sur la Foi du Saint qui, au moment de mourir, se tourne vers Dieu. Salomé porte le plateau qui recevra la tête de Jean Baptiste et semble indifférente à la décollation de celui-ci.

Hérodiade , femme du gouverneur Hérode Antipas à qui Jean avait dit «  Il ne t'est pas permis de garder la femme de ton frère ». (Marc 6-18,19) voulut se venger. Elle profita d'une promesse de son mari à sa fille Salomé  : «  Demande moi ce que tu veux et je te le donnerai » pour réclamer la tête de Jean Baptiste. Il fut donc décapité.

 

 

 

Côté droit.

L'Agneau aux sept sceaux   : lancette en plein cintre datée de 1851 et achetée par la Fabrique. Grisaille décorative peinte avec au centre un médaillon représentant l'Agneau aux sept sceaux. Une inscription se lit sur la couronne du médaillon : «  AGNVS DEI QVI OCCISVS EST QVI TOLLIT PECCATA MVNDI  » ( L'Agneau de Dieu qui a été sacrifié enlève les péchés du monde ).

«  Et je vis, dans la main droite de Celui qui siège sur le trône, un livre écrit au-dedans et au dehors, scellé de sept sceaux ». (Apocalypse de Jean 5,1) .

Les sept sceaux sont les sceaux qui ferment le Livre. Seul, L'Agneau peut les décacheter afin d'ouvrir le Livre à la compréhension. Il renferme les sept prophéties de Dieu qui décrivent les fléaux devant advenir avant la fin du monde.

Le Martyre de Saint André   : vitrail daté de1899, signé de Lucien Bégule et acheté par la Fabrique cette même année. Cette lancette, en plein cintre, est un véritable tableau. Les couleurs, là encore, découlent de l'amour de Bégule pour le Moyen-âge.

Saint André fut un disciple de Jean Baptiste. Il prêcha l'Evangile jusque sur les côtes de la Mer Noire. Il fut crucifié tête en bas sous le règne de Néron, par ordre du proconsul dont il avait, d'après la Légende dorée, converti l'épouse. Il dut «  sacrifier aux idoles ou mourir sur la croix ».

 

 

 

Mur du fond

Le baptême du Christ   : lancette en plein cintre signée par Lucien Bégule . En 1897, Monsieur l'abbé André Cognat acheta ce vitrail pour la nouvelle travée de l'église de Pollionnay, construite en 1863.

Il faut remarquer la nudité du Christ qui accueille l'Amour du Père par le baptême : humilité d'un Dieu qui s'est fait homme. Sa tunique rouge fait pressentir la Passion de Jésus. La colombe sur la tête du Christ représente l'Esprit-Saint. On peut lire sur un phylactère : «  ECCE AGNUS DEI  » ( Voici l'Agneau de Dieu ).

Jean a annoncé la venue de Jésus Christ en proclamant au peuple de Judée et de Jérusalem : «  Je vous ai baptisé d'eau, mais Lui vous baptisera d'Esprit-Saint ». Il a été désigné pour baptiser le Christ sur les bords du Jourdain : «  Tu es mon Fils bien-aimé, il m'a plu de Te choisir » (Marc 1-10 ,11).

La Visitation   : lancette en plein cintre de Lucien Bégule et datée de 1898. Ce vitrail fut donné par Mademoiselle de Saint Bonnet à l'église Saint Jean Baptiste de Pollionnay.

Il faut remarquer le manteau bleu de la Vierge, couleur de la virginité, manteau qui recouvre la longue tunique rouge symbole de la mort du Christ.

Après l'annonciation par l'ange Gabriel de la grossesse de sa cousine Elisabeth : «  Elisabeth est enceinte d'un fils dans sa vieillesse, elle qu'on appelait la stérile, car rien n'est impossible à Dieu «  (Luc 26-39), Marie se met en route pour être aux côtés de sa cousine. A son arrivée, l'enfant d'Elisabeth «  bondit en son sein et elle fut remplie du Saint Esprit  ».

L'Assomption   : lunette circulaire, peut-être de Lucien Bégule , datée de 1851, déposée et reposée en 1863 après l'ajout d'une travée dans l'église.

L'Assomption est un dogme mariologique de l'Eglise catholique, selon lequel, à la fin de sa vie terrestre, la mère de Jésus a été élevée au ciel. Cette fête célèbre la mort et la résurrection glorieuse, l'entrée au ciel et le couronnement, de la Bienheureuse Vierge Marie .

Le 1 er Novembre 1950 , le Pape Pie XII a défini solennellement le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie. Cette fête est très ancienne. Elle se célébrait dès le VI ème siècle en Orient sous le nom de Dormition de la Sainte Vierge .

 

Les murs latéraux .

Les huit vitraux latéraux sont des lancettes en plein cintre achetés par la Fabrique en 1851, puis en 1863 pour ceux du fond au moment de l'agrandissement de l'église. Ce sont des grisailles peintes, à décor géométrique, qui rendent l'église moins sombre. Technique employée souvent au Moyen-Age, la grisaille était faite de verre broyé très fin avec un liant.

Notre modeste église renferme ces splendides vitraux dont certains ont été créés par le célèbre maître-verrier lyonnais du XIX ème siècle : Lucien Bégule .

Je vous inviter à venir les admirer.

Suzanne Bonijoly