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Paroisse Saint Alexandre de l'Ouest Lyonnais
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L'église Saint Antoine de VAUGNERAY

histoire et patrimoine

L'église de Vaugneray telle que nous la connaissons a été construite entre 1862 et 1865 en granit du pays, la "vaugnerite" que l'on extrait, à l'époque d'une carrière située au Pont Pinay, sur la route de Brindas. Cette pierre presque noire contraste avec la pierre blanche de Lucenay choisie par l'architecte lyonnais Pierre Bernard. L'église remplaçait un ancien édifice plusieurs fois modifié, agrandi, restauré mais finalement abattu pour raisons de sécurité en 1856. Le clocher ne fut érigé qu'en 1897 mais la cloche en bronze date de 1514: elle porte l'inscription "Jésus de Nazareth roi des Juifs, protège nous de l'orage et de la tempête, amen." Subsistent peu de vestiges anciens sinon deux clés de voûte: l'une trouvée en 1970 et conservée à la mairie, l'autre au château de Bénévent, frappée du blason des Valentin. Dans l'église, devant le baptistère (à gauche en entrant par la porte principale) on peut voir une dalle très usée, la pierre tombale de ces mêmes Valentin, anciens seigneurs de Vaugneray. La pierre a été placée ici à la construction de l'église. Leurs armoiries, qui se retrouvent sur le linteau d'une maison de la place du marché et au château de Bénévent, sont devenues les armoiries de la commune de Vaugneray.

Un monument imposant

L'église est imposante: plus de 40 mètres de long sur 17 de large dans la nef et 26 mètres au transept, 16 mètres de hauteur de voûte. Elle est de style néo-roman classique dans les constructions d'églises dans notre région à cette époque.

Le bâtiment est assez dépouillé, rappelant ainsi les origines monastiques de la paroisse. L'église est dédiée à Saint-Antoine (II¡/III¡ siècle). Sa vie, relatée par Saint-Athanase fit de Saint-Antoine le modèle du moine ermite, incarnant toutes les vertus. C'est pourquoi on le représente avec un cochon à ses pieds, signe des passions qu'il domine. Les charcutiers en profitèrent pour en faire leur saint patron! On peut voir une statue de Saint-Antoine, un cochon à ses pieds au dessus de l'ambon. Cette statue en bois sculpté provient de la chaire à prêcher, supprimée en I 966. A cette époque on édifia aussi l'autel actuel, succédant à l'ancien maître autel dont on récupéra les panneaux sculptés des deux vantaux. L'un servit à la confection de l'ambon, l'autre à celle du siège du célébrant.

Une histoire empreinte de régionalisme

L'originalité de l'église vient surtout de ses vitraux notamment les trois de l'abside. Celui du centre, aux armes du Cardinal de Bonald (archevêque de Lyon 1839-1870) représente des saints honorés dans notre région: Saint-Maurice martyr, en haut, Saint-Louis couronné d'épines, au milieu et Saint-Symphorien encouragé par sa mère en bas. De chaque côté un vitrail représentant Saint-Jean et de l'autre Saint-Martin, patron du monachisme en Gaule.

Dans les absidioles la Sainte Famille et l'Assomption, très fine interprétation en vitrail du tableau de Murillo. Dans le transept on compte 14 vitraux de saints appartenant à la piété populaire de l'époque, offerts par les familles et les "congrégations" : on dirait aujourd'hui les "associations "des "dames de la paroisse" ou des "jeunes gens".

Enfin, dans cette église décidément toute empreinte de l'histoire de Vaugneray et de ses familles, on remarquera les grandes peinture éclairant l'abside. Il s'agit de scènes de l'Evangile. Datées de 1940, elles sont l'oeuvre de Mme Penzerel, de la famille de Bénévent.

Christine BAIL